C'est une statistique qui revient chaque année, et chaque année elle indigne sans vraiment surprendre. Sur le seul été 2025, entre juin et août, 63 500 animaux ont été abandonnés en France, toutes structures confondues. Ramené à la durée de l'été, cela représente près d'un animal délaissé toutes les deux minutes, de jour comme de nuit.
Les refuges sont en première ligne. Rien que sur juillet et août, la SPA a recueilli 7 628 animaux dans ses 62 refuges, soit 14 % de plus que l'été précédent. L'association déclare recevoir, en moyenne, trois demandes de prise en charge par jour qu'elle ne peut pas honorer, faute de place. On retrouve ce mur de la saturation dans notre article sur les refuges qui débordent.
Pourquoi l'été ?
Les départs en vacances concentrent les difficultés. Faire garder un animal coûte cher, entre 15 et 25 € par jour pour un chien en pension, et beaucoup de propriétaires n'ont rien anticipé. À cela s'ajoute le pic des portées de chatons non désirés au printemps, faute de stérilisation, qui sature les structures au pire moment.
Partir avec son animal n'a pourtant rien d'insurmontable, à condition de s'y prendre tôt. En voiture, on prévoit une pause toutes les deux heures et on ne le laisse jamais seul dans l'habitacle. En avion, les petits gabarits voyagent en cabine, les autres en soute pressurisée, sans sédation, qui est déconseillée. Côté hébergement, il faut viser un hôtel ou un logement qui accepte les animaux, souvent moyennant un supplément. Tout cela se prépare, et c'est précisément l'objet de notre section sur le quotidien.
L'identification, ce maillon oublié
Beaucoup de ces animaux sont retrouvés errants au bord des routes, sur les aires d'autoroute, ou attachés devant un refuge déjà plein. Or, sans identification, un animal perdu a très peu de chances de retrouver sa famille. La puce, pourtant obligatoire et enregistrée auprès de l'I-CAD, reste le seul lien fiable entre un animal et ses maîtres.
Ce qui change tout
L'abandon estival n'est pas une fatalité. Anticiper la garde avant de réserver ses vacances, faire stériliser son animal, et surtout réfléchir avant d'adopter : ces trois réflexes suffiraient à éviter une grande partie de ces drames. Un animal vit dix à vingt ans. Il ne se met pas en pause le temps d'un mois d'août.
« Un animal n'est pas un accessoire de vacances. »
Sources
- Bilan des abandons de l'été 2025 (juin à août, toutes structures, estimation).
- Bilan SPA été 2025 : 7 628 animaux recueillis en juillet-août (+14 %).
- Identification obligatoire : fichier national I-CAD.
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